Quand un ancien meurt : que perd-on vraiment ?
Parole de la Maison 02 — Bibliothèque qui brûle
PAROLE DE LA MAISON — 02
“En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle.”
Amadou Hampâté Bâ — attribution communément rapportée (discours/entretiens), souvent citée comme synthèse de sa pensée sur la transmission orale.
Lecture de la Maison
Et si le drame n’était pas seulement la mort… mais ce qui s’éteint sans témoin ?
Pas les souvenirs “émouvants”. Les autres : les gestes justes, les nuances, les méthodes invisibles de tenir un foyer, un lien, un cœur.
Nous vivons une époque qui archive tout — photos, messages, notes —
et pourtant, quelque chose disparaît quand même : la manière.
La façon d’écouter. La façon de choisir. La façon de réparer sans humilier.
Alors la question n’est pas : avons-nous assez d’informations ?
Mais : avons-nous encore des passeurs ?
Seuil
Une bibliothèque peut brûler en silence, même entourée de monde.
Elle brûle chaque fois que nous confondons transmission et exposition.
Chaque fois que nous demandons “explique-moi” au lieu de demander : “montre-moi comment tu fais.”
Et si la Maison existait pour ça : non pas pour empiler des contenus mais pour protéger des manières de vivre.
À propos
Amadou Hampâté Bâ (Mali) a consacré son œuvre à la mémoire, à la tradition orale et à la transmission des savoirs africains.
— Zégi
Autrice, Les Contes de Katiopa
